

La juste mesure
La juste mesure amène du plaisir mais lorsqu'on la dépasse, elle devient vite addiction.
Après la nécessité vient le plaisir et ensuite la dépendance.
Lorsqu'une consommation dépasse la notion du plaisir, elle est le signe d'une recherche de soulagement temporaire à un stress quelconque.
Les dépendances peuvent concerner tous les domaines. Généralement jugées dangereuses lorsqu'elles concernent le jeu, l'alcool, la drogue, le tabac, les achats compulsifs ou l'alimentation mais le travail, le sport, une activité particulière, une obsession peuvent être également addictives.
Comparable au coup que l'on se porte pour détourner notre attention d'une douleur plus profonde, l'excès ne soulage que temporairement et c'est pourquoi nous avons tendance à augmenter les doses et les fréquences.
Il est un subterfuge à la solution, empêchant l'affrontement des problèmes.
L'excès est le signal de notre déséquilibre qui, si nous n'y prenons garde, peut nous conduire à notre perte.
J'entends par perte, la perte du sens de son existence.
Notre organisme est très résistant et supporte bien des abus patiemment, attendant un sursaut de conscience. Et puis, un jour, il nous lâche, nous signifiant que nous arrivons au point de rupture où il n'y a plus de retour possible (pour le meilleur ou pour le pire).
L'excès ne concerne pas que le trop mais également le pas assez.
Nous pouvons faire preuve d'excès de prudence, de retenue ou de contrôle. Il n'en est pas plus vertueux.
Lequel d'entre-nous peut se vanter alors, d'être dans la juste mesure ?
Nos surrénales sécrètent de l'adrénaline pour fuir ou combattre. C'est un réflexe très archaïque que nous utilisons principalement aujourd'hui pour nous fuir nous-mêmes.
Nous sommes généralement à l'abri des menaces concernant notre intégrité physique mais pas de celles concernant notre intégrité émotionnelle ou psychique constamment violée. Dans notre société, tout est fait pour nous influencer et faire vibrer la peur ou le désir afin que nous devenions de bons consommateurs et peu lui importe de quelle nature.
Notre jeunesse en paie le prix et s'anesthésie avec ce qu'elle peut sans avoir conscience du danger qui menace leur identité.
Leur attention est volontairement détournée d'eux-mêmes et leurs parents, soumis aux mêmes dangers, sont souvent désarmés face à ce nouveau fléau.
La juste mesure est celle qui répond à nos besoins tout en nous apaisant la paix.
Tout ce qui provoque des tourments est de l'ordre de l'abus.
Pour vivre dans la juste mesure, nous avons besoin de nous arrêter régulièrement sur nos ressentis, de prendre le temps de l'écoute intérieure et de cesser de nous précipiter sur tout un tas de distractions dans lesquelles nous nous perdons de vue.
Sachons faire des pauses régulières dans nos activités et faire le silence autour de nous. Sachons rester seuls pour mieux nous rencontrer.
Nous pensons vivre pleinement en étant bien occupés et avons peur du vide sans réaliser que les trop nombreuses activités accentuent ce vide intérieur.
La jeunesse a besoin d'être entourée d’adultes capables de leur montrer l'exemple. Une personne posée ne se disperse pas dans des avis divers ni ne cherche la distraction. Elle prend le temps d'être à l'écoute d'elle-même pour répondre à ses justes besoins. L'adulte qui ne cède pas à ses peurs ne commet pas d'excès.